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AZF SOFERTI Site d'Indre


Historique du site

Décision d'implantation [1]

Le conseil municipal d’Indre, dans sa séance du 19 novembre 1922, émet un avis défavorable à l’installation d’une usine de produits chimiques entre Haute-Indre et Basse-Indre et proteste de tout son pouvoir. Les communes environnantes, Bouguenais, La Montagne, Couëron, St Herblain et Rezé émettent aussi un avis défavorable. Un comité de résistance recueille 1 100 signatures. Cependant, le 1er Février 1923, le Préfet donne son autorisation à l'Établissement de la Compagnie Bordelaise rangée dans la 1ère classe des établissements dangereux, insalubres et incommodes.
A cette époque Haute-Indre comptait environ 500 habitants.



Construction du site [2]

Les travaux débutent en juillet 1924 par l'aménagement du terrain car les prairies qui bordent la Loire sont inondables lors des crues. Ensuite vient la construction des premiers ateliers et des voies ferrées à l'intérieur de l'usine, en 1925.
La Compagnie Bordelaise inaugure son usine en mars 1926.
Cette construction va à l'encontre de toute logique à cette époque; en effet la production de matières chimiques doit se faire à l'écart de toute population. Or , une activité industrielle attire une population active. La proximité population/production chimique est inévitable. Un journaliste écrit en 1957 :

« En 1925 on estimait qu'une usine traitant les produits chimiques devait être à l'écart de toute agglomération. La Bordelaise à sa naissance l'était... mais toute installation industrielle... attire vers elle un certain courant de vie... »

L'usine a une superficie de 11 hectares, mais dès la conception du projet tout est prévu pour que l'on puisse augmenter la surface de l'entreprise et donc la capacité de production.

Le long de la Loire se trouve l'estacade privée de la Bordelaise, qui mesure 75 m de long. Cet appontement permet de supprimer le déchargement de nuit, qui est plus pénible. L'usine accueille des navires allant jusqu'à 10 000 tonnes, dont les cales sont remplies de matières premières, c'est-à-dire de phosphate, de pyrite (sulfure de fer), de sel de potasse, ou encore de nitrates de soude.



Vue aérienne du site en 1953



La production de SOFERTI [2]

L'entreprise SOFERTI Basse-Indre fabrique 2 sortes de superphosphate, des engrais composés, du phosphal et du sulfate d'alumine solution.
Les phosphates sont d'abord finement broyés. L'usine utilise pour cela deux types de broyeur selon la fabrication, l'un pour le phosphate tricalcique, l'autre pour le phosphate alumino-calcique.



L'usine en 1996


Les superphosphates

Ils sont de deux sortes à l'usine : le super 18 et le super 45. Une fois broyés, les phosphates naturels et tricalciques sont attaqués par des acides : sulfurique 72% pour le super 18 et phosphorique 52% pour le super 45.

Cette opération se déroule dans un malaxeur puis la réaction se poursuit dans un tube tournant lentement (tube cave). Cette réaction exothermique entraîne un dégagement de vapeur d'eau, de gaz fluorés. Ces gaz sont lavés afin qu'il n'y ait aucun rejet atmosphérique nocif. Les liquides de lavage sont recyclés dans le malaxeur afin qu'il n'y ait aucun rejet.

Ce lavage de gaz est breveté (AZF) et la teneur en fluor des gaz de la cheminée de l'atelier, mesurée périodiquement (une fois par semaine), reste bien en dessous des normes admissibles.


Le phospal

Il est obtenu par broyage de phosphate alumino-calcique calciné (Clinker) sous un aspect sec ou humidifié (3%).


Les engrais composés (PK – NPK)

Ils constituent l'activité principale du site aujourd'hui. C'est un produit obtenu par réaction chimique. L'engrais composé est obtenu à partir d'éléments simples qui réagissent chimiquement dans un granulateur en présence d'eau. Il existe de nombreux engrais composés (environ 2 000 formules d'engrais binaires et ternaires) qui contiennent tous 2, voir 3 des éléments majeurs : azote, phosphore, potassium.


Le sulfate d'alumine solution (8,2% en Al2 O3)

Ici il s'agit de l'attaque de l'hydrate d'alumine par l'acide sulfurique (94 à 98%). La réaction discontinue se passe dans deux réacteurs de 20 tonnes. Cet atelier, propriété de Rhodia Eco Services est implanté sur le site depuis 1975, en aval logique de la production d'acide.



Installation de la cheminée en 2000


Quelques chiffres


Fabrication
En 1926, 12 000 tonnes de superphosphates sont fabriquées contre 110 000 tonnes/an aujourd'hui.

En 2000, 220 000 tonnes d'engrais composés (PK-NPK) sous forme de granulés sont produits par an, ainsi que 18 000 tonnes de sulfate d'alumine solution.


Expéditions
Produits en vrac (route et fer) : 130 000 tonnes
Sacs 50, 35 et 30 kilos : 30 000 tonnes
Sacs de 600 kilos : 60 000 tonnes


Autrefois le « coucou » annonçait le départ d'un train de la Bordelaise ! Les riverains donnaient ce nom à la locomotive en raison du chuintement qu'elle émettait en empruntant l'embranchement qui reliait l'usine à la gare de la Basse-Indre.

Actuellement, une vingtaine de trains assure une partie des expéditions chaque année, le reste est expédié par la route.

L'usine expédie également des produits d'autres usines du groupe transitant par le site de Basse-Indre.


Aujourd'hui, la Société SOFERTI a son siège social à la Défense à Paris (92800 Puteaux) et compte, sur son site d'Indre, 86 employés au 1er juillet 2000, contre 300 environ après la deuxième guerre mondiale.






[1] : Extrait du communiqué de l'association Indre Rives Reines lors de la réunion publique de Basse-Indre du 03/10/2001. Ce communiqué est disponible dans son intégralité sur le forum « Environnement » d'IndreNet.

[2] : Extrait de l'ouvrage « La Bordelaise en bord de Loire » de Corinne Lodé réalisé avec le soutien de l'Association pour la Recherche Historique des Îles d'Indre. Editions Ponctuation/ SOFERTI S.N.C. 09/2001
ISBN : 2-913179-04-5 . Prix : 120F (18,29€)